Ca bouge avec la poste!!!


Mercredi, jour des enfants, insouciants, joueurs, souvent étourdis les petits… Et moi, je ne vaux pas mieux!

J’explique:

Ce matin, je décide de prendre ma moto pour me rendre où je devais aller, environ 130 kilomètres. j’ouvre le garage je prends mon casque, les gants, le blouson et le sac au dos je sors la moto, je réfléchis un instant pour savoir si je n’oublie rien et je baisse la porte basculante de l’endroit. Je regarde la jauge, bon, ok il y a assez de carburant.

Je roule, peinard, tranquillos, décontracté de la poignée de gaz, bref détendu.

Bonne température pour rouler, pas trop de circulation, signes de la main aux motards rencontrés, signe du pied aux automobilistes dépassés, tout allait au mieux dans un monde pas pire mais pas au top…

J’arrive à mon point de chute, déjeuner sympas, un brin de discute entre nous et le temps passe agréablement. Vers seize heures une petite averse vient nous agacer mais rien de méchant. Une fois l’ondée asséchée, je chevauche mon engin, ben oui, sous la pluie je risquais l’angine!!! Et me voilà sur le retour.

Je sentais qu’en prenant les virages la bécane chasser,  un tantinet inquiet, je faisais gaffe, tout allait bien, il était inutile de me gaufrer, j’adoptais alors un 100km/h gentil tout plein. Les kilomètres défilait (dans le bon sens) et je me rapprochais de l’écurie la visière pleine de moustiques défunts.

J’arrive devant chez mon garage un peu abruti par le ronron de ma machine, je me mets à chercher les clefs. Donc je retire mes gants, mon casque…ahhhhhhhhh de l’air, mon sac à dos et mon blouson. Je fouille, vérifie dans tous les petits coins de mon équipement…pas de clef, dans mon pantalon…pas de clef, dans ma pochette papiers, rien non plus. M…………… pensais-je, le petit flottement de côté ressenti le temps du voyage…la poche du blouson a du s’ouvrir et les clefs sont tombées sans doute sur la route où les ai-je oubliées la-bas??? Mystère!

Mon cerveau a du travailler vite pour trouver une solution. Euréka, j’avais anticipé le problème en cachant un trousseau de dépannage dans ma boite aux lettres. Mais cette garce de boite aux lettres s’ouvre pour l’ensemble des locataires avec le passe du facteur (pour insérer les petits colis aux destinataires. Je repasse mon blouson, je mets mon sac à dos sur les épaules, j’enfile mes gants et je coiffe mon casque. Tout ça pour tenter une mission impossible, la jauge est à zéro, pas de risque, je m’arrête à la station la plus proche où je retire mon casque, je défais mon sac à dos, j’enlève mes gants et je fais le plein de la machine. J’en profite ensuite pour vérifier la pression de pneus, il manquait un bar à chaque roue, pas étonnanJt que je sentais la moulinette m’échapper dans les virages!!!

Je paie mon carburant puis je remets mon sac à dos, mes gants, mon casque et me voilà parti! Où, me direz-vous???? A la poste je vous répond.

Je sais déjà ce que vous pensez…………..il est fou, je l’ai crains un moment, en effet!

Je rentre dans la superbe agence postale, personne dites donc, pas de file d’attente, j’ai pensé que ce moment était insolite, personne? Ca ne m’est jamais arrivé!

Une postière au guichet, charmante mais les dents serrées et les yeux sur la pendule:

Elle: <<Monsieur, que désirez-vous?>>

Moi: <<Pourriez-vous me rendre un service?>>

Là, j’ai vu à sa mine déconfite que j’allais au devant d’un grave problème…

Je lui explique ma mésaventure et lui fait comprendre, enfin j’essaie, que le facteur de mon quartier est en possession des clefs de l’entrée d’immeuble et de la porte générale des boites aux lettres. Elle s’est levée et a disparue derrières des murs et cloisons pendant quelques minutes. Puis ils revinrent, à deux, la guichetière et le receveur.

Lui: << Monsieur, que puis-je faire pour vous?>>

Moi: << Voilà, j’ai égaré……(je vous fais grâce du reste, vous connaissez l’histoire)

Lui: << Ahhh, mais je ne sais pas où sont ces clefs, attendez, laissez-moi réfléchir>>

Il disparait encore une fois puis reviens après quelques minutes et sans solution, le temps passait, la guichetière regardait la pendule, la pendule n’arrêtait pas de tic-taquer… J’étais mal de chez mal et même pire.

Je décidais donc de baisser les armes…

Moi: << Bon, laissez, je vais faire autrement, contacter un serrurier, mais je vous remercie de m’avoir écouté…>>

Lui: << Attendez, je réfléchis>>

Moi: << Haaaaaaaaaaa?>>

Lui: <<Je vais appeler un facteur qui me dira où sont ces satanées clefs>>

Il prends le téléphone, appelle je ne sais qui et son visage esquisse un tout petit brin de sourire.

Soucieux, j’attends de l’autre côté du guichet. Il raccroche, se tourne vers moi et me lance:

<< C’est bon, je sais maintenant où elles sont>>

J’ai pensé “Chapeau le gars, quand il mord au truc, il ne lâche pas facilement” j’ai trouvé ça très appréciable!

Mon casque posé sur le guichet l’a fortement ennuyé:

<< Vous êtes en moto, vous n’avez pas de voiture?>>

Moi: << Heuuuu, oui, en effet, pourquoi cette question?>>

Lui, << ben je n’ai pas de voiture ici, il faut donc que je prenne un vélo>>

Le monde s’est arrêté de bouger, plus un bruit, le seul problème résidait dans le fait qu’il fallait qu’il pédale jusqu’à chez moi. Pas banal non?

Lui: << Bon allez chez vous et j’arrive>>

Je” sors de la poste avec la guichetière sur les talons, ben oui, l’heure de fermeture était passée……….

Elle: <<Grrrrrrrrrrrrrr, faut que je fasse ma caisse>>

Moi: <<Merci, je ne sais quoi…………………………

La porte claque avant que je n’ai terminé ma phrase.

Ce qu’on peut penser de la poste comme service publique est une chose, ce que je pense moi, maintenant, en est une autre…

Je retourne donc chez moi au guidon de mon superbe engin, ayant évité l’angine sous l’averse…

Deux cigarettes et demie plus tard, je vois le receveur arriver sur la bicyclette jaune d’un facteur, il faisait 27°C, il n’en pouvait plus, il faisait des écarts sur la chaussée. Pas de ravitaillement sur la route, pas de spectateurs déchainés le long de l’étape, seul, il pédalait seul le courageux receveur des postes tel un pompier portant secours à une victime, il était beau dans sa peur.

Il arrive à ma hauteur:

Lui: << Je ne pensais pas que vous habitiez si loin>>

Moi: << Ben, heu, petite toux pour masquer mon embarras>>

Descendu de sa machine, il titubait le pauvre diable, un profond respect je lui devais.

Lui: <<Comment entre t’on dans l’immeuble?>>

Je n’en savais trop rien, bien qu’il devait posséder la clef pour cela. J’ai donc sonné de l’interphone chez un voisin, je me suis présenté et Sésame s’est ouverte.

Nous voilà devant l’ensemble de boites aux lettres, une clef, puis une autre….rien ne voulait s’ouvrir!!

On n’est pas dans la m…………………………. deuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu!

Il manquait peu de chose pour que la porte générale ne s’ouvre, mais cela ne suffisait pas, alors lui à la clef, moi à l’ensemble de ferraille, à un certain moment, je soulève l’ensemble et la musique a retenti, les projecteurs se sont allumés, on avait traité le problème!!!! Alléluia…Alléluia…Alléluiaaaaaaaaaaaaaaa!

J’ai vu la joie sur son visage, lui qui n’avait rien demandé avait gagné cette bataille, il était beau, il était fier…Sa journée se terminait bien.

J’ai pris les clef dans mon compartiment, lui ai tapé sur l’épaule et le gratifiait d’un grand merci tout en louant son dévouement. Rares sont ceux qui aident quelqu’un avec autant de gentillesse.

Je l’invite à prendre un apéritif, qu’il refuse parce que sa journée n’est pas terminée, j’ai du tenir bon pour qu’il accepte une récompense que je lui ai remise , il a fallu parlementer avec ce brave receveur super sympa et honnête pour qu’il daigne accepter..

J’arrive à mon appartement, fatigué, pas fier de moi………….. Je regarde encore une fois dans mon sac à dos, et je vois, avec le double des clefs de la moto, quoi, quoi???? La clef de ma boite aux lettre, il m’aurait alors suffit de demander à un voisin de de faire entrer en déverrouillant la gâche électrique!!!

Moi: << T’es con Roméo!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!>>

Encore moi: << Oui je ne suis pas en bon ordre>>

Bref, muni de mes clefs, et ayant vérifié deux fois que je possédais tous les sésames, je sortais pour ranger ma moto restée sur le bord de la route.

J’ouvre la porte basculante du garage, je rentre le moto et avant de ressortir, je vois sur une petite étagère………………………………. LE TROUSSEAU DE CLEFS QUE JE CROYAIS AVOIR PERDU……………………….

No comment…………………..

Et merci à cet homme, ce receveur intrépide et au combien sympa et serviable………………….

Maintenant, je sais que la poste peut bouger………………… Respect Monsieur le fonctionnaire

(Je suis fatigué de mes bêtises)

Mais qu’est ce qu’on se marre (qu’est ce con se marre)