La grande vadrouille


Je suis rentré de l’hôpital où, malgré une ambiance très particulière, j’ai été admirablement bien soigné. Je vous fais visiter les lieux…

J’ai été endormi au “côte de Beaune” en flacon de 75 cl. De l’architecture au parement des murs par des tapisseries incroyables, des chapelles éclairées par des vitraux merveilleux, mon réveil a été des plus délicieux (délices cieux est plus approprié!). La cuisine équipée a une surface nettement supérieure à mon appartement, Le “piano” fait bonne note dans cet espace. Le système de broche à rôtir est très élaboré.

J’ai appris, durant mon séjour, les déboires de Saint Eloi qui s’improvisa en maréchal ferrant.

L’apothicairerie regorge de potions de toutes sortes. Les herbes du monde entier trônent dans des vases colorés et variés.

Les lumières des photos laisse à désirer mais interdit de saisir ces trésors au flash.

Un brin d’histoire….(plus sérieux que les bribes tirées du titre de ce billet)

La création des Hospices

La création des Hospices de Beaune s’inscrit dans un contexte historique particulier. Ses fondateurs ont donné à l’institution une vocation encore présente aujourd’hui à travers ses diverses activités.

Hospices de Beaune

Le 4 août 1443 naît l’Hôtel-Dieu. La guerre de cent ans s’est achevée par la signature du traité d’Arras en 1435. Toutefois les massacres continuent, les "écorcheurs" pillent et ruinent les campagnes, provoquant misère et famine. Les Beaunois sont dans leur grande majorité déclarés indigents.

Nicolas Rolin, chancelier du Duc de Bourgogne Philippe le Bon, et son épouse Guigone de Salins décident alors de créer un hôpital pour les pauvres.

Le 1er janvier 1452, l’hôpital accueille son premier patient. Vieillards, infirmes, orphelins, malades, parturientes, indigents, fréquentent l’institution du Moyen Âge au XXe siècle.
Les Sœurs Hospitalières prodiguent les soins sans relâche et demeurent l’essence même, pendant des siècles, de l’Hôtel-Dieu.
De tout temps, il n’a jamais cessé de rayonner et a fédéré d’autres établissements à Pommard, Nolay, Meursault et Beaune pour constituer une communauté que l’usage a dès lors baptisée : Hospices de Beaune.

Un passé toujours vivant

Si les Hospices de Beaune demeurent avant tout un hôpital, fonctionnant aujourd’hui dans des structures modernes, ils ont gardé le souci d’aller au devant des plus démunis.
Le centre hospitalier Philippe Le Bon garde la dispensation des soins médicaux.
L’antenne d’accueil médical pour les personnes les plus démunies, créée en 1993, restaure la socialisation qu’ont depuis longtemps oubliée ceux que la vie a laissés sur le côté du chemin.
Les deux maisons de retraite et le centre Nicolas Rolin accueillent les personnes âgées dont certaines sont confrontées à une dépendance, avec une volonté d’offrir un havre de réconfort et de soins.
Parallèlement, le centre hospitalier intègre, dans sa politique du service de soins infirmiers, les formations initiales infirmière et aide-soignante, fondées sur la tradition de soin des Sœurs Hospitalières des Hospices de Beaune : l’Institut de Formation en Soins Infirmiers (I.F.S.I.) est le service du centre hospitalier chargé de ces formations.

Salle des pôvres

Aujourd’hui, l’Hôtel-Dieu est un musée dont la splendeur architecturale, restée intacte depuis le XVe siècle n’a d’égale que l’éthique très actuelle de l’institution, qui n’a jamais dérogé à sa mission initiale, celle de secourir et soulager la personne démunie en proie à la solitude ou à la maladie. Les bénéfices retirés de locations de salles prestigieuses, de visites du musée et de sa boutique, et de journées découverte des Hospices servent à améliorer les conditions d’accueil et de soins, à moderniser le centre hospitalier et à entretenir le patrimoine de l’institution.

De la même façon, le domaine viticole génère une activité importante. La vente aux enchères de ses produits est un événement annuel incontournable de la vie des Hospices et de toute la bourgogne viticole. Elle constitue une œuvre de charité fidèle à l’esprit de Nicolas Rolin et de Guigone de Salins, dont les revenus sont affectés à la politique d’investissement des services de soins et du patrimoine.

Les Hospices de Beaune sont une institution originale grâce à la diversité de ses activités, son histoire locale et le maintien de sa vocation initiale.
Pour ces raisons, l’intérêt mondial de ce patrimoine est reconnu.